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Pour une réforme de l’enseignement : l’éducation de base prépare-t-elle tous les élèves à une éducation tout au long de la vie ?

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Malcom Skilbeck, mis en ligne le 25 avril 2012.

Revue internationale , d’Éducation de Sèvres

Malcom SKILBECK

Droit à l’éducation pour tous et tout au long de la vie

Dans la perspective d’un développement du droit à l’éducation pour tous et tout au long de la vie, trois axes de réflexion sont prépondérants : l’analyse de la disparité de l’offre d’enseignement entre les pays riches et les pays pauvres, la refonte des curricula dans une visée véritablement éducative et la conception globale d’un modèle d’enseignement associant, en partenariat avec l’école, différents acteurs sociaux et culturels. La réforme des contenus d’enseignement, indispensable même si elle ne résout pas toutes les difficultés, doit être conçue selon une approche radicalement nouvelle, en partant des besoins de la société et des élèves pour parvenir à identifier les « forces de transformation de la vie et de la culture » qui constitueront le cadre du curriculum. Cette rupture avec « l’orthodoxie dominante » apparaît comme l’enjeu majeur d’une possible participation de tous au nouveau système mondial de la « culture de la transformation ».

Dans cette communication, je considérerai « le droit à l’éducation et à un nouveau contenu au XXIe siècle », non seulement comme un droit universel, mais encore comme un droit s’étendant tout au long de la vie. Seule une appréciation critique de nos réussites actuelles - et l’aveu honnête de nos échecs - nous permettront, en tant qu’éducateurs, de prévoir les besoins et les orientations du développement pour les décennies à venir. Parmi les différentes conditions indispensables au succès de notre quête d’éducation tout au long de la vie à l’échelle universelle, le remaniement radical du curriculum scolaire, bien que difficile à réaliser, tient une place prépondérante. Sans un changement substantiel du programme, nous ne parviendrons pas à fournir un enseignement véritablement éducatif pour tous, ni à poser les fondations de politiques efficientes pour un apprentissage tout au long de la vie réussi.

Fin de siècle

Alors que le XXIe siècle et, avec lui, le millénaire touchent à leur fin, de nombreux projets et événements sont prévus pour célébrer cet anniversaire symbolique. Par exemple, International Who’s Who a récemment désigné les cent personnalités les plus influentes du siècle. Afin de ne pas être en reste, le magazine Time a effectué un sondage parmi ses lecteurs pour élire la personnalité du siècle. La présence d’Adolf Hitler en tête de liste est un triste reflet du lectorat de Time et un signe de la tragédie qui caractérise ces cent dernières années. Dans le monde européen, le XVIIe siècle apparaît comme le siècle de la science, le XVIIIe comme celui des Lumières, et le XIXe comme celui de l’industrialisation, de la démocratie et du progrès. Le XXe siècle restera-t-il dans les annales comme le siècle de la violence, de la guerre et de la honte ? En fait, je me demande si les lecteurs qui ont désigné Hitler ressentent véritablement de la honte. Beaucoup d’entre eux n’exultent-ils pas secrètement face au culte de la violence et du nationalisme militariste, se réjouissant même d’une destruction qui s’amplifie à une échelle jamais atteinte dans l’histoire de l’humanité ?

La liste du Who’s Who ne compte que huit femmes et quasiment aucune personnalité susceptible d’apparaître comme un leader éducatif. Pourtant, si l’on considère les conquêtes positives de ce siècle, l’instauration, la réussite, la croissance et le progrès des systèmes éducatifs à travers le monde occupent une place de premier choix. Une place aussi importante en termes de satisfaction des besoins sociaux et de bonne performance des résultats que les progrès dans les domaines de la santé publique, du logement, des communications, de la science et de la technologie, des arts et du niveau de vie en général. La différence, c’est que les progrès de l’éducation ne peuvent être attribués au génie scientifique, à la créativité artistique, aux dons technologiques ou à la politique d’individus éminents. Certes, quelques personnalités importantes y ont joué un rôle, mais cette réussite est avant tout le résultat du travail de millions d’enseignants, de chercheurs, d’universitaires, de décideurs et d’administrateurs zélés et compétents et de celui, au moins aussi important, des élèves et de leurs familles. Et l’évolution future continuera à dépendre de leur savoir, de leurs capacités et de leur engagement actif dans la concrétisation des politiques susceptibles d’être adoptées aux niveaux national et international.

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