S’il est une révolution de l’esprit qui reste à assurer, à l’échelle individuelle comme à l’échelle de la planète, c’est bien celle du passage du regard binaire sur la réalité à une approche complexe et systémique. Et s’il est un lieu où les interactions entre les modes de fonctionnement collectif et l’évolution des personnes s’opèrent, en bien ou en mal, dans toute leur complexité voire leur inconscience, c’est bien l’école. Aussi est-ce dans ce lieu, où nous passons tous, que ces interactions peuvent être le mieux observées et comprises, et éventuellement transformées.
La nécessité de penser, dans une approche systémique, les interactions constructives ou destructives entre l’individuel et le social est comme une leçon que les grands échecs de l’Histoire – depuis la dérive de la Révolution française, versant dans la Terreur, jusqu’à la Révolution d’Octobre, virant au pire – a imprimée plus ou moins inconsciemment dans l’âme occidentale. Aussi la proposition de lier au plus au près de la réalité le changement intérieur et le changement extérieur est ressenti comme un dépassement nécessaire de la double illusion d’avoir cru qu’il suffisait de changer la société pour que les individus changent, de changer les individus pour que change la société.
La question essentielle est : comment sortir l’humanisme des proclamations de bonnes intentions et de principes, lui ouvrir de nouvelles voies et le doter concrètement d’outils d’humanisation ? Le terme "humanisation" désigne le processus évolutif qui peut nous conduire, individuellement et collectivement, à travers des apprentissages et non des exhortations, au déploiement de ce qui fait l’humain. A savoir, la qualité du lien dans toutes ses nuances, allant de la cordialité et la tolérance à l’amitié et l’amour, et la lucidité de l’esprit :.la force du jugement dégagé des préjugés,
Cela appelle des formes d’éducation, d’auto-éducation et de co-éducation qui ne sont pas toutes, loin de là, à inventer. Elles sont de nature à constituer un programme de réflexion, d’expériences et de formation, à la fois éducatif, social et politique, sans lequel ces mots restent facilement des coquilles vides, et l’humanisme un chemin sans repères. Ce qu’il convient d’appeler, au sens le plus précis du terme, "éducation psychosociale", apporte un éclairage moderne et des outils de formation essentiels au processus si mal assuré de l’’humanisation.
C’est sur cette finalité anthropologique que ce site est fondé. Il veut faire place, en un Rond-point systémique, à des recherches et expériences allant dans ce sens en divers lieux et pays. L’objectif est de dégager des propositions pour une éducation humanisante dans laquelle la transformation individuelle et la transformation sociale puissent s’appeler et se renforcer mutuellement. Propositions qui, en ces temps particulièrement troublés, pourraient entraîner l’école à mieux réaliser sa finalité triple et indissociable : instruire, éduquer, socialiser.
Nous y présentons principalement dans un premier temps les recherches et pratiques des auteurs de l’ouvrage Ecole : changer de cap. Elles s’enrichiront peu à peu de contributions constructives venues de France, plus largement d’Europe, des Amériques et d’ailleurs.
Nous vous invitons à découvrir la démarche méthodologique au cœur de ce projet, son origine ainsi que les auteurs et contributions d’ores et déjà rassemblés. Vous pouvez explorer l’orientation générale de la démarche dans Politique et école. La dimension anthropologique.
Ce sIte a connu une première version réalisée par Dominique Hébert à l’occasion du Colloque "Réussite scolaire ou réussite humaine ?" qui s’est tenu à l’université Paris-5 le 4 octobre 2008. Le nouveau site est en cours de construction, sous la direction de François Soulard.
Bonne visite et merci de nous faire connaître vos réactions.
Armen TARPINIAN
Courriel : contact@ecolechangerdecap.net