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Le quotient relationnel

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Olivier Clerc, mis en ligne le 10 février 2012.

Le quotient intellectuel (Q.I), tout le monde connaît. Il fut un temps où l’on vénérait ce score, quand il était élevé, avant de réaliser qu’intellectualisme et intelligence sont deux choses différentes. Depuis peu, on parle aussi d’intelligence émotionnelle (Q.E) ; le cœur et les sentiments ont ainsi retrouvé droit de cité dans ce monde hyper-intellectualisé.

Si Q.I et Q.E ont tous deux leur importance, un troisième paramètre mérite aussi d’être mis en évidence : le quotient relationnel (Q.R.), c’est-à-dire l’art de nouer et de préserver des relations mutuellement enrichissantes, ainsi que la capacité de gérer les désaccords et les situations conflictuelles autrement que par la violence. On peut en effet être capable d’exprimer facilement ses sentiments et ses émotions – sortir une colère, oser pleurer, etc. – et demeurer très maladroit au plan relationnel.

L’intelligence relationnelle doit donc être distinguée de l’intelligence émotionnelle. Elle ne concerne pas seulement soi-même (même si la relation à soi est fondamentale), elle s’évalue en fonction du lien que nous créons avec l’autre. Une relation a une existence propre. Quand nous sommes deux, nous sommes en réalité trois : l’autre, moi et la relation que nous avons établie entre nous (Jacques Salomé). Alors, quelle qualité de relation entretenons-nous avec nos proches, avec notre conjoint, nos collègues, notre patron ou nos employés, ou encore avec la nature, le monde environnant ? Quel est notre mode relationnel prédominant ?

La vie étant relations, la qualité de celles-ci détermine celle de notre vie. Ni l’argent ni les diplômes ne peuvent compenser une vie relationnelle déficiente. Or, paradoxalement, l’éducation n’accorde encore aucune place au développement du quotient relationnel. Que la tête soit « bien pleine » ou « bien faite », le cœur est négligé et chacun est livré à lui-même pour ce qui est de savoir vivre en bonne intelligence avec les autres. Résultat : problèmes relationnels entre employés et « patrons », entre parents et enfants, entre différents pays, différentes confessions, différents partis, etc.

Les outils relationnels développés au cours des dernières décennies, autant pour les particuliers que pour les entreprises, métamorphosent littéralement les échanges humains dans les situations les plus variées. Il serait temps que ces moyens soient plus largement connus et diffusés, en particulier dans les écoles. Si nous voulons que l’avenir soit moins déchiré par les conflits et les guerres que ne l’est le présent, développer le Q.R. des enfants qui formeront la société de demain devrait devenir une priorité impérative.

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