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Les Petits Débrouillards, mis en ligne le 5 février 2013.

Contribution aux Assises nationales de la recherche et de l’Enseignement supérieur - SEPTEMBRE 2012

"Nous sommes l’Université " a-t-il été affirmé par des universitaires à l’occasion du mouvement de 2009, contestant l’idée que les universitaires seraient des employés de l’Université. Or, historiquement, ce qui fonde l’Universitas, l’anthropologie universitaire en quelque sorte, c’est la relation.

S’il s’agit dès lors de traiter la question de cette relation, force est de constater qu’il en va différemment des élèves ayant suivi une scolarité-amont satisfaisante de celles et ceux pour qui le cumul de handicaps antérieurs (cognitifs, culturels, sociaux) constitue dans l’enseignement supérieur un frein souvent irrémédiable, le fameux « échec en Licence » : décrochage, détresse psychologique constituent des coûts insoutenables pour la communauté nationale.

La santé mentale et psychique des étudiants, et même leur santé tout court (et celle de certains enseignants) relève d’une grande cause nationale. La confiance en soi, le sentiment de l’utilité sociale, économique et citoyenne constituent des objectifs stratégiques pour les établissements d’enseignement supérieur, tout aussi importants que leurs capacités d’innovation. Il n’est de valeurs économiques durables que si, en parallèle, les conditions psycho-sociales du déploiement de ces potentialités sont, elles aussi, soutenables. Notre société est constituée, du point de vue de sa population active, d’environ 16% de cadres.

Quand 30 à 35% d’une cohorte atteint l’enseignement supérieur, l’effet mécanique inexorable est celui d’un accroissement des dynamiques de sur-sélection – de sur-exclusion en fait. Désormais, une majorité des étudiants court le risque de l’exclusion des parcours professionnels supérieurs classiques, indépendamment de leurs capacités intellectuelles et compétences intrinsèques. Élargir la base sociologique de cette course ultra-sélective à une frange toujours plus grande de la population des jeunes de France fait courir un risque important de cohésion nationale. Nous devons prendre garde, en termes de cohérence des politiques publiques, à tracer des perspectives socialement utiles et économiquement viables pour les étudiants. Ainsi, le lien éducation/croissance doit-il faire la place à un triptyque éducation/croissance/soutenabilité (ce dernier terme entendu sous ses acceptions sociales, écologiques et économiques).

Contrairement à une idée reçue et entretenue à tort notre pays n’a jamais, dans son histoire, formé autant de docteurs, ingénieurs et techniciens spécialisés de haut niveau, tant en nombre qu’en pourcentage. Notre pays ne vit donc nullement une « crise des vocations scientifiques et techniques » de la part des jeunes générations dont on parle depuis le milieu des années 1990. En revanche, il est vrai que les problématiques des filières sélectives dans l’enseignement supérieur recouvrent une grande diversité de situations et ne peuvent être abordées comme un tout. La crise dont il est question est d’abord celle de l’Université française massifiée et du pacte social malmené qui sous-tend ses évolutions futures. Au-delà des enjeux structurels, de gouvernance, et de management, nous souhaitons contribuer à la réflexion de l’évolution du pacte d’éducation supérieure pour notre pays.

Ainsi, plusieurs rapports récents évoquent l’exigence de positionner la rance à la « frontière technologique », incitant à prioriser les investissements dans l’ES et la recherche, notamment au niveau des troisièmes cycles. Au-delà d’une vision strictement économique, il est patent que nos sociétés ont des difficultés à dépasser ce qu’il est convenu d’appeler désormais notre troisième palier éducatif (après celui de l’éducation universelle primaire à la fin du XIXe siècle et celui du secondaire dans le deuxième tiers du XXe siècle). Aussi, nous appelons à des politiques publiques tenant compte de l’interdépendance des facteurs éducatifs, du primaire au supérieur. Nous préconisons de nous inspirer d’expérimentations ayant démontré, dans des pays de niveau de développement comparable, des vertus certaines, au premier rang desquelles des stratégies d’éducation et de formation par la recherche, et ce dès le premier âge.

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